Dans le monde du travail, les femmes qui travaillent plus que leur conjoint sont rares. Et pour cause, la répartition des tâches ménagères s’ajoute souvent dans les activités professionnelles des femmes. Aussi, la charge mentale qu’elles subissent ne leur permet pas de trouver un équilibre de vie professionnelle et personnelle. Et les maux qui en découlent sont bien plus réels que l’on ne pense.

Depuis le XXe siècle qu’elles ont obtenu leur émancipation de leur rôle d’épouse et de mère au foyer, notamment grâce à l’accès à l’éducation et au marché du travail, les femmes peinent toujours à être les égales des hommes. Surtout dans la sphère professionnelle : discrimination à l’embauche, sexisme au travail, les plafonds de verre ou planches collants… Bien que moins tabous, ils restent pour autant des éléments phares dans ce fossé des disparités entre les femmes et les hommes.

Les inégalités ménagères, la cause de tous les maux ?

Et si les inégalités professionnelles, que les femmes subissent, avaient des répercussions dans leur sphère privée ? Encore aujourd’hui, les femmes prennent en charge 64% des tâches ménagères et 71% des tâches parentales (selon l’article du CNRS).

Les conséquences ? Une gestion inégale au sein des couples et une charge cognitive importante pour les femmes. Ce que l’on appelle communément, la charge mentale. « […] C’est révoltant car nous sommes dans une société où cela ne devrait plus être le cas. Le problème, c’est que cette charge mentale a des répercussions multiples sur l’équilibre et la santé physique des individus touchés. […] Les personnes qui en souffrent le plus sont les femmes, les jeunes et celles qui ont le moins d’éducation. Et les plus fragiles bien sûr, sont les familles monoparentales. » explique Ann Luu, fondatrice de Lifebay, une solution de prévention à la charge mentale.

Une charge mentale qui empiète alors sur tous les domaines puisque, les femmes ont tendance à la prendre au travail. Un fait qui influencerait leurs choix et leurs comportements professionnels. De fait, la mauvaise répartition des tâches ménagères au sein d’un couple serait plus associée aujourd’hui, à la gestion de celles-ci plutôt qu’à sa réalisation. « C’est pire quand on est parents solos. On a peur d’en parler car on a peur d’être stigmatisés. Lorsque l’on est parents solos, on est jugés constamment et sur tous les domaines. Donc on se rajoute de la charge mentale avec cette stigmatisation de parents dépassés par les événements. », témoigne Marina Rossi, fondatrice de Noö Family, une solution pour aider les familles monoparentales face aux problématiques du quotidien.

Un bien-être dépendant de la charge mentale

D’après les études, les femmes qui travaillent plus que leur conjoint sont moins heureuses et moins satisfaites de leur vie familiale et conjugale. Elles sont par ailleurs, plus stressées. Encore une fois, la répartition des tâches domestiques y est pour quelque chose. Elle augmente de façon significative, la charge mentale qui pèse sur les femmes. Car non seulement les femmes travaillent plus que leur conjoint mais, elles travaillent aussi davantage à la maison. Le manque de flexibilité au travail accroît donc le mal-être des femmes.

Aussi, les normes sociales accentuent ce mal-être. L’hypothèse d’une persistance des stéréotypes de genre à la maison comme au travail, favorise ce problème. Les femmes ne veulent pas aller à l’encontre des prescriptions sociales, ni s’éloigner des normes. Les comportements stéréotypés sont des vecteurs dans l’alourdissement de leur charge mentale. Ils proviennent des normes sociales inculquées par la tenue des rôles et des comportements distincts en fonction des genres. Notamment, celles de la gestion du foyer. « Dans notre société, le problème, c’est que la charge mentale du foyer ne repose principalement que sur les femmes. », mentionne Anne Luu.

Et Marie, fondatrice d’Aika.fr de rajouter : « […] prendre du temps pour soi, cela semble impossible lorsqu’on pense à tout ce que l’on a à faire, mais c’est essentiel ! Et surtout sans aucune culpabilité. Déléguer [même si] l’on se dit souvent que les choses ne peuvent être faites que par nous même. [Pourtant] votre conjoint, voire vos enfants peuvent aussi aider au quotidien, même si on pense qu’ils ne feront pas aussi bien. [Il faut apprendre à] déculpabiliser, nous ne sommes pas parfaits en tant que parents, car nous ne sommes pas que parents. Nous sommes aussi amies, collègues, soeurs, salariées, femmes … Tout autant de casquettes que personne n’est capable de pouvoir assumer complètement ». Alors au final, ne serait-ce pas là une histoire d’éducation ?

Depuis toujours les femmes sont en charge de maintenir leur foyer. Aujourd’hui, avec l’accès au travail et l’arrivée de la sur-sollicitation, ces dernières se sentent fatiguées. La charge mentale n’épargne personne. Il est donc urgent de mettre en place des solutions pour inverser cette problématique de santé publique.

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